Pour un voyageur averti il y à cinq façons de découvrir un caméléon à Madagascar, espèce reptilienne très bien représentée dans la « Grande ÃŽle » :

- Soit en ayant l’œil aux aguets, dans les jardins et forêts, en quête directe d’un spécimen, ou plus sûrement en repérant tout attroupement de photographes amateurs signalant une heureuse découverte.

- Soit par le bouche à oreille, pour les quelques attardés au bar de l’hôtel devant une THB (Three Horses Beer) bien fraîche.

- Soit lors d’une excursion nocturne sous une pluie torrentielle à la recherche de petits lémuriens nocturnes. Recherche lémurienne systématiquement infructueuse, mais qui permet de dénicher de petits caméléons verts (Calumma Nasuta ou Gastrotaenia) attendant d’hypothétiques insectes que la pluie n’aurait pas rebutée.

         

- Soit en admirant les spécimens tendus à bout de bâton par les enfants sur le bord des routes contre une juste récompense.

         

- Enfin il reste la « Ferme aux papillons », réserve privée proche de Mandraka, très bien pourvue en caméléons comme son nom ne l’indique pas.

Une fois l’animal au bout de l’objectif, sa caractérisation pose problème. Il faut soit avoir recourt à un spécialiste, soit ouvrir son encyclopédie, soit faire appel aux internautes compétents (solution qui a ma préférence, vous vous en doutez).

Cependant je puis vous livrer quelques notions de base.

Il existe plus de 150 espèces au Monde, dont 70 natives de Madagascar, et régulièrement de nouvelles espèces sont découvertes.

Les caméléons sont des reptiles divisés en deux sous-familles : les vrais caméléons avec une queue préhensile et les caméléons nains beaucoup plus petits, moins colorés et qui vivent au sol camouflés par leur aspect rappelant celui de débris végétaux (du genre Brookesia à Madagascar).



Les vrais caméléons se divisent en quatre genres, dont deux sont endémiques de la région de Madagascar, les Calumma et les Furcifer. Le genre Calumma est très dépendant du milieu et vit principalement dans les forêts humides de l’Est. Les Furcifer sont répandus sur l’ensemble de l’île. Seules quelques espèces ont su s’adapter aux milieux dégradés et aux activités humaines comme les Furcifer Lateralis, Pardalis, Verrucosus ou Oustaleti.


Les caméléons sont des animaux arboricoles et solitaires qui ne se retrouvent que pour se reproduirent.

La coloration de base des caméléons et leur capacité à changer de couleur sont très efficaces pour les camoufler. Leur changement de couleur est aussi un bon moyen de communication entre individus, et varie en fonction du sexe de l’individu rencontré et de la période de l’année. En cas de stress intense ils deviennent très foncés.


Les changements de couleur se font grâce à trois couches de cellules chromatophores situées dans le derme. Les cellules superficielles contiennent des pigments rouges et jaunes, celles de la couche intermédiaire des pigments bleus et les cellules les plus profondes des pigments noirs (mélanine).


La technique de chasse des caméléons est favorisée d’une part par leurs yeux indépendants permettant une vision à 360° et d’autre part par leur langue immense (la moitié de leur longueur) qu’ils projettent à grande vitesse sur leurs proies et dont l’extrémité s’apparente à un marteau gluant.



L’identification d’un animal repose sur son anatomie, la couleur et les motifs de son corps étant trop variables en fonction du lieu, de la période, de l’environnement et surtout de son humeur. Il faut en premier lieu s’intéresser à l’anatomie de sa tête (crêtes, casque, rostre,et lobes occipitaux), puis dans une moindre mesure à celle de son corps (écaillure, peau, crêtes).

           

La situation géographique et la taille de l’animal sont également des arguments importants.


En général les mâles sont plus grands et massifs que les femelles (sauf pour les Brookesia). La queue représente souvent moitié de la taille totale du corps. Un renflement à la base de la queue, formé par la présence des hémi pénis permet d’identifier les mâles.



Les photos sont personnelles, mais le commentaire est pratiquement tiré du "Guide des caméléons de Madagascar" de Gilles et Aurelia Moynot. Si vous reconnaissez un spécimen, n'hésitez pas à m'en indiquer le nom dans vos commentaires. Par avance merci.